Alliance nouvelle

L'Evangile du 2e Dimanche Ordinaire, Année C (Jn 2, 1-12).

L’évangile de ce dimanche ouvre le temps ordinaire de cette année. C’est un évangile connu, du moins en apparence, car il est souvent proclamé lors de célébrations de mariage. Il est en effet question d’une noce, et comme toute noce, elle est symbole d’une noce plus définitive, plus aboutie, celle entre Dieu et l’humanité. Cette alliance nouvelle, c’est Jésus qui l’inaugure en sa Pâque. Le récit y fait écho. Le texte aurait dû commencer par ces mots : « le troisième jour » qui renvoient symboliquement à la résurrection, quant à Jésus, il parlera de « son heure », l’heure de sa Pâque.


Le récit laisse de côté les époux pour se concentrer sur ce qui se passe en marge, dans les coulisses, si on peut dire. Au départ, Marie, la mère de Jésus signale à celui-ci un manque dans une formule exclusive : « Ils n’ont pas de vin ». Comme si le bon vin n’avait jamais été présent. C’est un manque radical, existentiel qui est donc évoqué. Malgré la réaction étonnante de Jésus, Marie invite les servants présents à une stricte obéissance, à son exemple. Ainsi sur l’ordre de Jésus, ils remplissent les jarres à ras bord, est-il dit. Il s’agit d’un labeur qui aura pour fruit ce bon vin, meilleur que le premier et donné en surabondance.


L’eucharistie est repas de noces où l’on consomme le pain et le vin, corps et sang du Christ. Le sang désigne le labeur de Jésus qu’il aura mené jusqu’à l’extrême sur la croix qui nous obtient la purification définitive. En même temps, ce sang devient ce vin nouveau, signe de l’alliance nouvelle et éternelle, de la communion accomplie entre Dieu et la multitude des hommes.


En ce temps de démarche synodale, ce récit nous montre la place de l’Église. Elle est plutôt appelée à un travail en coulisses, non ostentatoire, à partir de l’écoute de la Parole, mais dont le fruit est universel pour tous les hommes. Ce travail, parfois laborieux, doit nous réjouir à notre tour, non pas parce qu’il nous rendrait fiers, mais parce que nous savons, à l’image des servants dans le récit, que le Seigneur est à l’œuvre.

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