Comme un enfant

Évangile du 25e dimanche ordinaire, Année B (Mc 9, 30-37).



La deuxième partie de l'évangile de Marc est scandée par la triple annonce par Jésus de sa passion future, de sa mort et de sa résurrection. Après sa reconnaissance comme Christ, Jésus veut maintenant faire comprendre à ses disciples que la destinée funeste qu’il entrevoit pour lui-même fait partie de son mystère, qu’elle est bien conforme au dessein de Dieu, et il veut aussi en indiquer les implications pour ceux qui suivent.


Face à cette triple annonce de sa pâque prochaine, les disciples restent dans l'incompréhension, ils sont médusés. Au fur et à mesure de l'annonce, la crainte s'installe tant le mystère qui se dévoile petit à petit devant leurs yeux les dépasse. Il faudra en fin de compte supporter que le Maître soit pendu au bois de la Croix comme un vulgaire brigand. Quel est donc ce grand mystère, tellement déroutant aux vues humaines ? C'est bien dans cet étonnement que Marc veut nous conduire.


Par trois fois l'annonce suscite des réactions déplacées de la part des disciples. Pierre qui dira à Jésus que ce qu'il dit est insensé, que jamais cette issue désastreuse n'arrivera ; Jacques et Jean de leur côté qui demanderont à Jésus de pouvoir siéger à ses côtés dans sa gloire. On a là les trois disciples de la transfiguration. Et puis cet épisode-ci, médian, où les disciples se chamaillent pour savoir qui est le plus grand parmi eux.


Mais l'évangile est ainsi construit que ces réactions apparemment naïves et inopportunes donnent l'occasion à Jésus de développer son enseignement, d’expliciter le mystère, l’unique mystère dans lequel lui et ses disciples sont engagés : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier et le serviteur ». Jésus parle de lui et de tous ceux qui veulent bien le comprendre et l’accueillir. Mais, est-ce bien réaliste ? Qui veut bien accueillir une telle perspective de négation de soi ?


La finale de l’évangile montre un chemin qui pourtant surprend et nous interroge. Pourquoi l’exemple de l’enfant à accueillir au nom de Jésus ? Jésus l’affirme : ce n’est pas seulement l’enfant qui est accueilli, c’est Jésus lui-même, et plus encore, c’est non seulement Jésus, mais aussi Dieu, son Père. Le mystère de Jésus, le mystère de Dieu, montré dans les versets précédents s’accueille et se vit par conséquent dans cette attitude humble d’ouverture au tout-petit, au démuni, au sans-voix.

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