Des mythes dans la Bible ?


Il n’est plus possible, aujourd’hui, de lire la Bible sans un minimum d’attention au contexte historique, culturel et religieux dans lequel ses textes ont été mis par écrit. Une attention particulière doit être accordée aux genres littéraires. Pour s’en tenir à l’Ancien Testament, on y trouve : des récits historiques comme, par exemple, les Livres des Rois ou les Chroniques ; des textes législatifs, comme le Décalogue ; des livres prophétiques, tels que Jérémie, Amos, Isaïe, etc. ; des poèmes, comme les Psaumes ; des textes de sagesse, comme Job, les Proverbes ou Ben Sirac ; enfin, des récits mythiques, en particulier dans les onze premiers chapitres de la Genèse.


Il n’est pas inutile de dire un mot sur cette dernière catégorie, celle du mythe. En effet, quand on évoque le caractère mythique des récits d’Adam et Eve, ou de Caïn et Abel, ou encore celui du Déluge, on risque de choquer ou, à tout le moins, déstabiliser l’auditoire. C’est que, dans l’esprit de la plupart des gens, mythe veut dire mensonge ou illusion. Ce n’est évidemment pas le cas.


Le mythe est un mode d’expression qu’utilisaient les anciens pour essayer d’expliquer les réalités fondamentales du monde et de la vie. On pourrait dire que le mythe, c’est de la «philosophie racontée» : au lieu d’utiliser des concepts abstraits, on a recours à des images, des récits, des symboles, à travers lesquels on réussit à exprimer le sens profond du mystère.

Les auteurs des livres bibliques reprennent ce procédé pour exprimer leur compréhension du mystère de Dieu qui leur est révélé. A la différence des mythes païens, pleins de divinités diverses, les mythes bibliques manifestent clairement l’action du Dieu d’Israël, le Dieu unique.


Ainsi, par exemple, on peut faire un parallèle très intéressant entre le récit du Déluge (Genèse 6,1-9,17) et un mythe babylonien, l’épopée de Gilgamesh. Ce texte dont les sources remontent au 3e millénaire avant Jésus Christ, a été mis en forme à Babylone vers le 18e siècle avant notre ère. La comparaison entre les deux textes montre clairement que plusieurs éléments du récit biblique du Déluge sont calqués, presque mot pour mot sur ce mythe babylonien. Mais, tandis que l’épopée de Gilgamesh attribue la catastrophe du déluge à une rivalité entre des dieux, la Bible la met en relation avec le projet créateur de Dieu mis en péril par la violence humaine.


Inutile, donc, de rechercher les vestiges de l’Arche de Noé. Sachons plutôt découvrir, dans ces récits mythiques, ce que l’Esprit Saint à fait comprendre à des hommes d’il y a trois millénaires : Dieu ne se résout pas à voir échouer son projet créateur mais, dans sa miséricorde, il rétablit son alliance avec l’humanité, non toutefois sans avoir laissé celle-ci subir les conséquences du mal qu’elle a commis.

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