Jésus et la révélation aux Grecs : Comment Dieu se laisse voir

L'Evangile du 5e Dimanche du Carême, année B, (Jean 12, 20-33).


Deux Grecs s’approchent de Philippe et disent « nous voudrions voir Jésus ». Il va le dire à André; et tous deux vont le dire à Jésus (Jn 12, 20-22). Philippe sert ici d'intermédiaire entre la demande des Grecs - il parlait probablement grec - et Jésus; même s'il s'unit à André, l'autre Apôtre qui porte un nom grec, c'est à Philippe que ces étrangers s'adressent. D’ailleurs dans l’évangile de Jean, Philippe et André sont plusieurs fois ceux qui établissent le contact, qui permettent la communication (Jn 1,40-42 et 45-46 ; 6,7-8 ; 12,20-22).


Ici, il y a un mouvement qui est aussi un mouvement spirituel. Au début de la scène, les Grecs « montent » à Jérusalem, pour adorer Dieu. Puis « Ils abordèrent Philippe » , alors, « Philippe va le dire à André, et tous deux vont le dire à Jésus ». Dans ce mouvement, nous passons de la montée pour adorer Dieu au désir de voir Jésus. Alors qu’il fallait un Temple pour adorer, il faut maintenant deux hommes pour rencontrer le Fils. On comprend mieux la réponse de Jésus : « L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié ». Dans tout ce mouvement, on pourrait dire que la montée des Grecs manifeste la venue de l’heure où est glorifié le Fils.


Ici les Grecs veulent voir Jésus, et Jésus répond qu’il ne s’agit pas simplement de venir le ‘voir’, mais de le voir dans la gloire (théophanie). Alors, que le Temple où montait ces hommes était le lieu de la présence de Dieu et où seul le grand prêtre « voyait » la présence divine dans le Saint des Saints, chacun peut ici voir la gloire du Fils.


Pourtant, cette ‘gloire’ (la manifestation de Dieu) va passer par la mort, et une mort qui porte du fruit (23-24). La mort fait passer de la vie biologique à la vie éternelle ; ce n’est pas seulement vrai pour Jésus, mais aussi pour celui qui entre dans le service en communion avec Jésus : il sera entrainé dans la gloire avec Jésus, honoré par le Père. Si quelqu’un me sert, qu’il soit avec moi et nous serons ensemble ; si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera (25-26). Il ne s’agit donc pas simplement de ‘voir’ Jésus, mais d’entrer dans son itinéraire. « Voir » devient ici, « participation » à la destinée de Jésus : le passage de la mort à la vie.

Le tonnerre, l’ange, la voix, sont des signes d’une manifestation de Dieu (Théophanie). Cet épisode évangélique dévoile non seulement l’identité de Jésus, mais modifie la perception de la manifestation de Dieu. Alors, que dans le premier Testament, les Théophanies étaient victorieuses, ici Jésus annonce la Croix. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit ». Et Jésus d’ajouter que c’est un jugement qui va jeter le prince de ce Monde dehors. Il y a ici une révolution copernicienne. Dieu se manifeste dans l’humilité. C’est en passant par la mort qu’il est victorieux. C’est en mourant sur la Croix qu’il nous donne la vie.


Tout cela se comprend, par le mouvement du début. Des Grecs montent au Temple, puis ils parlent à Philippe qui leur permet de voir Jésus. Les pierres du temple ne suffisent pas pour rencontrer Dieu. La rencontre c’est l’humain. Par l’humanité de Philippe et d’André, ils voient Jésus. Par son humanité, Jésus entre dans la mort pour juger le prince de la mort et le jeter dehors.


Bonne Nouvelle essentielle, Dieu est humain, il meurt, pour passer à la vie et nous donner sa vie divine.

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