« Jésus s’étonnait de leur manque de foi »

Evangile du 14e Dimanche Ordinaire, Année B (Mc 6, 1-6)


Nous pensons parfois que le manque de foi est un phénomène récent. Nombre de personnes affirment vivre très bien sans Dieu ; sans compter celles qui s’opposent même à ce que le témoignage de la foi entre encore dans l’espace public. Elles concèdent, à la limite, que la foi se cantonne dans la sphère privée. Ces convictions se déploient dans nos régions. Beaucoup ont l’impression d’avoir fait le tour de ces questions religieuses et, tout en prenant distance, ils passent à autre chose. Cela nous bouscule et nous interroge ; nous nous demandons ce qui se passe et comment tout cela va évoluer.


Pourtant, à lire attentivement ce passage d’Évangile, on observe que ce phénomène n’est pas fondamentalement nouveau : dans la famille de Jésus, dans son village de Nazareth, parmi ses proches, nombre de personnes doutaient de lui, en tout cas de ce qu’il annonçait, car elles avaient la certitude de tout savoir sur lui.


Voilà une belle occasion de nous rappeler que notre vie de foi commence par cette surprise au cœur de nos existences : celle de Quelqu’un – le Christ - qui nous montre le chemin vers Dieu. Il y a là une conversion à opérer toujours plus profondément car ce qui nous est ainsi donné à découvrir bouscule toutes nos représentations : un Dieu qui se fait petit et proche des petits ; un Dieu qui se fait humble serviteur ; un Dieu qui, sur la croix, se donne par amour. Rien, absolument rien de ce que nous avions pu prévoir !


N’essayons pas de corriger, d’amoindrir, de nuancer, de remplacer, d’appauvrir cette force vive de l’Évangile. C’est précisément là où l’Évangile nous dérange que nous devons chercher d’abord un chemin de conversion. Et si nous n’en sommes pas encore tout-à-fait convaincus, Saint Paul nous écrit dans sa deuxième lettre aux Corinthiens : « La puissance se déploie dans la faiblesse…Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort ! ». Commençons par nommer, au cœur de nos vies, les moments où cette phrase nous dérange le plus ; ce sera pour nous un chemin de lumière.


Diacre Claude Gillard

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