J’ai trouvé un nouvel équilibre

Voici le témoignage d’Andreea Nita, chrétienne de la communauté roumaine catholique de Bruxelles. Elle nous parle de son vécu lors de cette pandémie.


De façon peut-être singulière et surprenante, les deux périodes de confinement (celui du printemps, et l’actuel) m’ont permis de retrouver le chemin d’une vie plus chrétienne ainsi que de redonner une place à ma foi dans mon quotidien.


Le premier confinement a été pour moi l’occasion d’un retour vers l’Église, avec une participation importante aux messes (virtuelles donc), un désir de mieux comprendre/ connaître l’Évangile (j’en lisais chaque jour un extrait) pour ensuite aboutir à un nouvel éloignement – sans qu’il y ait de raisons extérieures ; j’ai été traversée par de nombreux doutes et remises en question vis-à-vis non pas de la foi, mais de la religion, de l’Église en tant qu’institution, de ceux qui prétendent œuvrer au nom du Christ alors qu’en réalité ils ne font que pervertir Son message… mais je m’égare peut-être. Toujours est-il que ces doutes et remises en question n’ont été que positifs, ils m’ont en effet permis de soumettre ma foi au filtre de mon discernement, de ma raison… pour aboutir à une foi que j’oserais qualifier d’« adulte », réfléchie, profonde et non plus seulement une fois « aveugle » où je croyais sans trop savoir pourquoi (enfin, parce qu’on m’avait dit que…), sans me poser de questions (parce qu’on m’avait également dit que se poser trop de questions était négatif, que cela signifiait qu’on doutait du Seigneur, qu’on ne croyait pas vraiment…).


Ainsi, je suis parvenue à un équilibre qui s’est consolidé avec le second confinement. À aucun moment je n’ai ressenti la suspension de la messe comme un frein pour avancer dans ma foi. J’ai compris que l’Église dans son sens le plus fondamental n’est pas déterminée par un lieu/ un bâtiment, mais par la communion dans la prière entre les personnes… Cette communion, je l’ai pleinement ressentie, même en participant à la messe à partir de mon salon ou de ma chambre : elle n’était pas moins forte ni moins vraie que lorsque nous célébrons les messes à l’église… même si c’est plus agréable, parce que nous sommes aussi physiquement présents les uns aux autres.


Bien sûr, mon discours aurait sans doute été quelque peu différent si notre pasteur avait été un autre, en ce sens que c’est avant tout grâce à lui (et ses collaboratrices / collaborateurs) qu’il nous a été possible de maintenir cette communion dans la prière, de continuer à participer aux messes (et aux catéchèses !) par la voie virtuelle, bref, de rester unis et de garder une foi active, vivante. Je trouve qu’ils ont fait un travail absolument incroyable.


Je serai bien évidemment très heureuse lorsque nous pourrons à nouveau célébrer à l’église sans restriction du nombre des participants, mais je tenais à dire que l’union spirituelle / la pratique de la foi n’est pas conditionnée ni dépendante de ce que les églises soient ou non ouvertes. Cette union et cette pratique sont bien plus puissantes que cela… puisque nous adorons le Père « en esprit et en vérité ».


Enfin, je suis bien évidemment consciente que mon témoignage ne reflète que mon vécu et ne peut à lui seul représenter tous les membres de la communauté roumaine. Néanmoins, je pense ne pas me tromper en disant que nous sommes nombreux et nombreuses à avoir réalisé que l’union spirituelle transcende toutes les restrictions possibles et imaginables.


Andreea Nita

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