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L’Église doit-elle punir ?

Chronique BN 9 - 202207



Tout le monde a peu ou prou entendu parler du « droit canon » ou droit canonique. Cela paraît cependant loin de nos préoccupations de fidèles ordinaires. On comprend bien qu’il faut des règles pour faire fonctionner une institution comme l’Église, mais en quoi cela nous concerne-t-il concrètement ?


En réalité, le but ultime de ce droit ecclésial est « le salut des âmes », loi suprême de l’Église. C’est donc dans cette perspective qu’il faut comprendre les droits et obligations édictés par le code de droit canonique, réformé à plusieurs reprises en fonction de certaines évolutions de la société ecclésiale et de la société civile.


Une des réformes les plus récentes concerne le droit pénal canonique qui fait l’objet du livre VI du code actuel. Il y a un an, le Pape François en a promulgué la nouvelle version, intitulée « les sanctions pénales dans l’Église », qui est entré en vigueur le 8 décembre 2021. Une des caractéristiques de cette réforme est l’aggravation d’un certain nombre de peines.


On peut donc légitimement se demander si c’est bien le rôle de l’Église de punir pour obtenir le fameux salut des âmes. La voie la plus pertinente n’est-elle pas la miséricorde ? Après le concile de Vatican II, beaucoup ont pensé que, la foi supposant une libre adhésion, les sanctions pénales n’étaient pas nécessaires.


Les récents scandales sexuels et financiers qui ont secoué l’Église ont cependant montré que certains péchés très graves, par le scandale et les dommages qu’ils entraînaient, ne devaient pas rester impunis par les autorités religieuses. Les coupables doivent certes répondre des conséquences de leurs actes devant la justice civile, mais l’atteinte qu’il portent à leurs victimes exige aussi qu’ils soient jugés par l’Église. Les peines qui leur sont infligées ont pour but de rétablir la justice, réparer le scandale et amener le coupable à se repentir.

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