L’Agneau de Dieu

L'Evangile du 2ème dimanche ordinaire, année B (Jn 1, 35-42).


L'Agneau mystique

Jean-Baptiste résume son témoignage en désignant Jésus par ces quelques mots : « Voici l'Agneau de Dieu ». Par ces termes, il nous propose une synthèse de ce qu'il a appris par révélation au sujet de celui qu'il disait ne pas connaître (Jn 1, 31-34). Jésus appartient à Dieu, il est de Dieu, et il est donné par Dieu, comme son Agneau. Cette figure renferme une vocation mystérieuse que toute l'Écriture atteste, depuis les écrits anciens jusqu'au livre de l'Apocalypse. Il semble donc bien que ce « titre » désigne le Christ dans son mystère entier avec, en son centre, le sacrifice pascal. D'après l'Ancien Testament, l'agneau est le sacrifice par excellence, associé à la sortie d'Egypte. Un agneau est immolé, c'est la Pâque du Seigneur, la libération de l'oppression égyptienne. Dans son témoignage, Jean-Baptiste a parlé de l'Agneau qui enlève le péché du monde. Chez Isaïe, le Serviteur Souffrant prend la figure de l’agneau conduit à l'abattoir. Il ne bronche pas, il ne se révolte pas, il subit. Le livre de l'Apocalypse met aussi en scène un agneau, à qui est donné un livre scellé : « Alors je vis : au milieu du trône et des quatre animaux, au milieu des anciens, un agneau se dressait qui semblait immolé » (Ap 5, 6). Et la suite du texte donne une description de cet animal mystérieux, à travers laquelle on soupçonne qu'à l'agneau reviennent toutes choses. Plus loin, on lui adresse ce cantique nouveau : « Tu es digne de recevoir le livre et d'en rompre les sceaux, car tu as été immolé, et tu as racheté pour Dieu, par ton sang, des hommes de toute tribu, langue et nation. Tu en as fait, pour notre Dieu, un royaume et des prêtres, et ils régneront sur la terre » (Ap 5, 9-10).


Mais, en ce début de l'évangile de Jean, la figure de l'Agneau peut-elle déjà être chargée de cette signification ? Jésus n'a-t-il pas à découvrir sa vocation ? Lorsque la lettre aux Hébreux présente la venue du Christ parmi les hommes, elle fait référence au psaume 39 de la liturgie de ce jour, avec un léger changement : « De sacrifice et d'offrande, tu n'as pas voulu, mais tu m'as façonné un corps. Holocaustes et sacrifices pour le péché ne t'ont pas plu. Alors j'ai dit : Me voici... je suis venu, ô Dieu, pour faire ta volonté » (He 10, 5...9). Ce verset confirme la vocation sacrificielle de Jésus en tant qu'Agneau de Dieu et la concentre sur son humanité : « tu m'as façonné un corps ». Elle sera le moyen par lequel Jésus accomplit la volonté du Père. Et quelle est-elle cette volonté, sinon de « racheter la multitude et de l'introduire dans un règne et un sacerdoce nouveaux », comme l'indique le livre de l'Apocalypse ?


Ceci peut éclairer l'attitude des premiers disciples décrite dans l'évangile de ce jour. Ils quittent Jean-Baptiste et rejoignent Jésus, qui les interroge : « Que cherchez-vous ? » Ils répondent en l'interrogeant à leur tour : « Où demeures-tu ? » Ils sont conviés à pénétrer le mystère de la demeure de Jésus et à demeurer avec lui. Et nul doute qu'il leur est donné de découvrir déjà avec Jésus ce règne et ce sacerdoce nouveaux. Jésus est l'Agneau libérateur et demeurer avec lui introduit dans un ordre nouveau, dans un monde nouveau, dans une vie nouvelle, dans une demeure nouvelle, dans une alliance accomplie, comme en témoignera l'épisode suivant de l'évangile, celui des Noces de... l'Agneau.

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