L'envoie en mission

Evangile du 15e Dimanche Ordinaire, Année B (Mc 6, 7-13)



Voici un passage d’évangile que nous connaissons bien et que nous identifions aisément comme le début de la mission. Et les exigences sont telles - ne rien emporter si ce n’est les vêtements et les sandales que l’on porte sur soi ainsi qu’un bâton pour la marche - que nous aurions vite fait de nous dire : « Ça, c’est vraiment une affaire de spécialistes, ce n’est pas pour nous. »


C’est pourtant bien nous qui recevons ce texte aujourd’hui. Pas seulement les prêtres, les religieuses ou les laïcs très engagés. Qu’allons-nous en faire ?


Commençons par le début, et allons par deux, car aucun de nous n’est à lui seul propriétaire de la Bonne Nouvelle. N’emportons qu’un bâton pour la marche. Pour nous, ce bâton pourrait bien être l’Évangile. Demeurons chez ceux qui nous offrent l’hospitalité car, en nous accueillant, c’est Jésus qu’ils accueillent comme une bonne nouvelle.


Jusque-là, tout va bien mais les choses pourraient se corser. Qui est encore prêt à écouter les chrétiens aujourd’hui ? Que faire si on nous prie de passer notre chemin parce qu’on n’a plus rien à faire de ces bondieuseries d’un autre temps ? Peut-être avez-vous déjà fait cette expérience sous une forme ou une autre, au travail, avec des amis ou même en famille.

Jésus nous conseille de « secouer la poussière de nos pieds » et, dit-il, « ce sera pour eux un témoignage ». Faut-il donc envoyer les sceptiques et les athées au diable ? Drôle de témoignage ! Secouer la poussière de ses pieds, c’est peut-être une façon de dire : « Tu ne veux pas accueillir Jésus dans ta vie ? C’est ta liberté. Mais cela ne m’empêchera pas de continuer à l’annoncer à ceux qui y sont disposés. Je continue ma route. ».


Et c’est bien ce qu’ont fait les apôtres. Ils appelaient chacun à se convertir et ils « expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades, et les guérissaient ». Notre capacité à citer les Écritures ou le catéchisme de l’Église catholique ne suffira pas. Dieu seul peut transformer les cœurs. Cependant, faire notre possible pour délivrer nos sœurs et frères humains de tout ce qui les entrave – les injustices, la maladie, la pauvreté, l’angoisse de l’avenir, les rancunes tenaces … – c’est déjà proclamer l’Évangile.

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