La pêche miraculeuse

L'Evangile du 5e Dimanche Ordinaire, Année C (Lc 5, 1-11).


Voici encore un épisode de l’Évangile que nous connaissons pour ainsi-dire par cœur : la pêche miraculeuse. Et on n’en retient habituellement que l’abondance des poissons emplissant les filets en plein jour alors que Simon et son frère André ont pêché toute la nuit sans rien prendre.


Mais la clé du récit se trouve-telle vraiment dans ce miracle ? Surtout quand on voit, à la fin du passage d’évangile, que les quatre héros du jour laissent aussitôt le fruit de cette pêche inattendue dans les barques et partent à la suite de Jésus. C’était bien la peine d’épater la galerie avec ce coup d’éclat !


Donc, si l’important dans cette histoire ce ne sont pas les poissons, ne serait-ce pas plutôt ce qui se passe après… L’homophonie propre au français nous fait peut-être oublier que le miracle est pour Simon-Pierre un signe qui lui fait dire à Jésus : « Éloigne-toi de moi Seigneur, car je suis un homme pécheur ». À la vue du prodige que seul Dieu peut accomplir, le pêcheur qu’est Simon perçoit donc son indignité et l’étendue de son péché et les quatre hommes sont saisis d’effroi en comprenant qui est Jésus. Ils ne se sentent pas capables de recevoir ce témoignage de la divinité du maître et d’en témoigner à leur tour. Mais Jésus les rassure : « Sois sans crainte », dit-il à Simon.


Et nous, savons-nous reconnaître la main de Dieu dans les petits miracles quotidiens que nous ne voyons pas toujours : l’amitié, la solidarité, le partage, la disponibilité que nous recevons des autres ? Si nous les voyions comme un cadeau de Dieu, peut-être nous dirions-nous aussi que nous n’en sommes pas dignes parce que nous ne savons pas aimer. Mais malgré nos insuffisances, Dieu nous fait confiance. À chacune et chacun d’entre nous il dit : «sois sans crainte», toi aussi tu peux apporter de l’amour aux autres, même si parfois tu es trop préoccupé par toi-même. À nous de Lui faire confiance et de jeter les filets.

7 vues

Posts récents

Voir tout