Le carême, temps de préparation à Pâques


Quand on présente le carême, on mentionne le plus souvent les trois piliers que sont le jeûne, le partage et la prière. Mais s’y limiter serait oublier une donnée essentielle : le carême prend tout son sens comme préparation à Pâques. À l’époque de saint Augustin (354-430), les chrétiens étaient plus sensibles que nous à la fête de la résurrection du Christ, centre de la vie chrétienne. L’Empire romain était en train de devenir chrétien et les catéchumènes étaient nombreux à recevoir le baptême la nuit de Pâques. Ainsi, durant le carême, c’était toute la communauté qui cheminait avec eux jusqu’au sommet pascal.


Pâques est donc une occasion de se souvenir de son baptême. Pas seulement pour en faire mémoire, mais aussi pour qu’il porte à nouveau du fruit. Augustin nous rappelle que tous les événements de la vie liturgique ont vocation à nous stimuler, à nous réveiller quand il nous arrive de nous endormir, spirituellement parlant. Vu l’importance de Pâques, autant bien s’y préparer :


« Le chrétien, durant toute sa vie, doit s'appliquer avec ferveur à ces bonnes œuvres ; mais c'est surtout aux approches de la solennité pascale, dont le retour annuel inspire à nos âmes une vigueur nouvelle, en reproduisant en elles le souvenir salutaire de ce qu'a fait pour nous le Fils unique de Dieu, Jésus Notre-Seigneur, en faisant revivre en nous sa miséricorde, le jeûne et la prière auxquels il s'est livré pour nous. » (Augustin, Sermon 207, 1)


Temps de préparation, le carême est aussi pour Augustin une image du pèlerinage que représente notre vie sur la terre. Nous ne pourrons chanter l’alléluia qu’une fois arrivés au temps pascal, qui représentera la vie céleste où nous vivrons dans une louange perpétuelle. En attendant, le but de notre existence est de nous préparer à cette rencontre, en retrouvant la ferveur et l’humilité. L’Écriture nous propose des exemples : comme Élie au désert avant de rencontrer Dieu (1 R 19,8), Moïse avant de recevoir la Loi (Ex 34,28) et surtout Jésus avant sa vie publique (par exemple Lc 4,1-13), les chrétiens sont invités à jeûner. Augustin n’encourage pas ses fidèles à multiplier les prouesses et les exploits ascétiques, il ne s’intéresse pas non plus à ce que l’on a le droit ou pas le droit de manger. Il insiste plutôt sur les fruits du jeûne : la vigilance et l’attention renouvelée aux autres.


Le jeûne n’a en effet de sens que s’il est relié à la miséricorde, laquelle se manifestera par le don, l’aumône faite aux plus pauvres ou le pardon. Donner et pardonner sont deux œuvres de miséricorde que les chrétiens doivent pratiquer s’ils veulent réellement faire comme le Christ. Enfin, le jeûne et la miséricorde sont portés par la prière, qui nous permet de fortifier notre relation avec Dieu, indispensable pour établir une juste relation avec les autres. Tel est le programme de carême qu’Augustin nous trace :


« Appuyée ainsi sur l'humilité et la charité, sur le jeûne et sur l'aumône, sur l'abstinence et le pardon, sur le soin de faire le bien sans rendre le mal, d'éviter le mal et de faire du bien, notre prière cherche la paix et y parvient ; son vol est soutenu sur les ailes de ces vertus, et il la porte plus facilement au ciel, où nous a précédés Jésus-Christ notre paix » (Augustin, Sermon 207, 3).

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