Le pain qui est descendu du ciel

19e Dimanche Ordinaire, Année B (Jn 6, 41-51)



Après le signe de la multiplication des pains qui pousse la foule à chercher Jésus, une discussion s’engage. Les signes accomplis par Jésus sont éclatants, mais ses paroles sont peut-être encore plus fortes, « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. » Scandale ! Et comme leurs pères au désert de l’exode, les interlocuteurs de Jésus manifestent leur manque de foi par des murmures et des discussions. Le cœur de la question est l’identité de Jésus. ‘Comment peut-il dire qu’il vient de Dieu puisque nous connaissons d’où il est ? Nous connaissons sa ville, nous connaissons se parents ? N’est-ce pas un blasphème qu’il vient de prononcer ?’ Ainsi cette autosuffisance de la connaissance humaine devient obstacle à la foi. Et seule la foi peut nous ouvrir à la rencontre de celui qui est vrai Dieu et vrai homme.


Alors, la première chose à faire, nous dit Jésus, c’est de ‘cesser de murmurer !’ D’arrêter ces voix qui, entre nous et en nous, n’ouvrent à rien de nouveau, mais au contraire bloquent le passage à la progression de la vie. La deuxième chose, c’est d’accepter que tout vient du Père, c’est lui qui nous donne tout ce dont nous avons besoin pour être sur la voie de la résurrection et de la vie éternelle, y compris la foi. « Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire », il est bien question d’une attirance, et non de quelque-chose qui serait exigé ou imposé. Dieu se fait attirant, comme un amoureux qui veut attirer la personne aimée. Accueillir cet amour avec simplicité et humilité permet de croire en ce qui nous dépasse et ainsi de venir au Fils.


Mais pour vivre dans la foi il faut aussi se nourrir. Et Jésus se révèle comme cette nourriture qui est plus puissante même que la mort, « le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas ». Il ne s’agit pas là de quelque nourriture symbolique, comme on pourrait considérer, par exemple, une réflexion comme nourriture pour notre curiosité intellectuelle. C’est quelque-chose de bien plus fondamental, plus mystérieux, c’est-à-dire sacramentel, « Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde ». La ‘chair donnée’ évoque déjà la mort sur la croix comme le lieu de ce don, ainsi que la valeur salvifique de l’Incarnation. Manger de ce pain c’est se laisser transformer par lui, en lui, et devenir nous-mêmes ce que nous recevons. Ainsi chaque célébration eucharistique est une occasion d’accueillir ce pain qui fait vivre et nous aide à faire de nous-mêmes un don pour nous frères et sœurs.

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