Les 4 sens de la nature

Pascal IDE

Ed. Emmanuel, 2020, 314 p., 19 €.


Notre époque est marquée par une grande « sensibilité » écologique, qui n’est pas forcément toujours bien éclairée et qui risque, de ce fait, de prendre la forme d’une idéologie. On songe à ces courants extrêmes qui souhaitent la disparition de l’espèce humaine pour permettre la survie de la terre… Voici un livre bien utile pour donner à l’écologie sa place et sa valeur. L’auteur, déjà bien connu pour ses précédents ouvrages, possède un CV impressionnant. Il est docteur en médecine, en philosophie et en théologie. Prêtre de la Communauté de l’Emmanuel, dans le diocèse de Paris, il s’inspire ici de la grande tradition chrétienne et, en particulier de celle des quatre sens de l’Écriture. Cette compréhension de la Parole de Dieu, déjà en germe dans la tradition juive, s’est formée dès l’Antiquité chrétienne, s’est développée au Moyen Âge et a été « redécouverte » au 20e siècle, notamment avec les travaux du grand théologien Henri de Lubac. En bref, il s’agit de découvrir, dans l’Écriture, en plus du sens littéral, un sens spirituel qui s’exprime selon trois dimensions : allégorique, qui éclaire le texte à la lumière du Christ qui accomplit les Écritures ; tropologique, qui tire du texte un enseignement moral ; et enfin anagogique ou eschatologique, qui nous tourne vers les « fins dernières » et nous élève vers la maison du Père.


Pascal Ide applique ces quatre sens à la nature et en déduit de très intéressantes réflexions qui sont également sources d’action. Il le fait en trois étapes, rythmées par chacun des quatre sens. Leur simple énumération, malgré sa sécheresse, suffira à faire comprendre le fond et le sens de la démarche. La première partie, « Création », invite 1° à lire la nature comme un livre et à découvrir l’histoire qu’elle recèle, 2° à voir dans l’homme son sens allégorique, 3° à veiller à préserver son équilibre, 4° à en discerner l’avenir, porteur d’espérance et de fraternité. La deuxième partie, « Décréation », considérant la place centrale qu’a pris l’homme dans la Création depuis la Renaissance : 1° décrit une histoire de l’« écocentrisme », 2° relève l’apparition d’un modèle « technocratique », 3° discerne un « écologisme moralisant », 4° invite à se situer face au scénario transhumaniste. La troisième partie « Recréation » est éclairée par les vertus théologales de foi, espérance et charité et invite à : 1° accueillir dans la gratitude, 2° éprouver, ressentir et susciter, 3° s’engager, 4° cultiver l’espérance.


L’ouvrage, malgré sa rigueur quasi scientifique, reste toujours clair et lisible. L’auteur a soin de l’illustrer de nombreux exemples et de se référer à l’expérience commune. Il réussit ainsi à nous aider à contempler la nature dans toute sa beauté, sa grandeur, sa profondeur, mais aussi sa fragilité, et à y trouver notre juste place. « Ni prédateur de la nature, ni simple hôte de la Terre, l’homme est appelé à reconnaitre sa connexion avec toute la création et à s’inscrire dans la grande histoire qui la conduit à son accomplissement ».

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