Un appel irrésistible

L'Evangile du 3ème dimanche ordinaire, année B (Mc 1, 14-20).

Après Jean dimanche dernier, voici Marc. Il s'agit, chez l’un comme chez l'autre, des débuts de Jésus et... de l'Église. Chez Jean, le Baptiste témoigne et, par son témoignage, il permet à ses disciples de prendre le pas de Jésus. Marc, au contraire, laisse le Baptiste à l’écart pour permettre à Jésus d'entrer en scène et de débuter sa mission, l’annonce de l'Évangile de Dieu. De la manière dont Marc présente les choses, Jésus est en même temps le héraut de l'Évangile et celui qui l'incarne. Ses paroles et ses gestes, jusqu'à sa passion, sa mort et sa résurrection, sont cet Évangile par lequel Dieu nous parle, cette Bonne Nouvelle du Royaume qui vient. L'appel est lancé, aujourd'hui comme hier : croire et se convertir. Croire qu'en Jésus l'amour de Dieu a pris un visage et s'est accompli dans cette vie donnée, dans ses gestes et ses paroles humaines. Et se convertir, parce que cette vie donnée, cette parole lancée veulent germer en d'autres humanités et donner tout leur fruit de générosité et d'amour.


Vient alors l'appel des premiers disciples. Difficile de trouver une cohérence entre les deux évangélistes, mais leur but n'est pas celui-là. Ils racontent, chacun à leur manière, en fonction de ce qu'ils veulent faire passer. Ce n'est qu'à la fin de son évangile que Jean fait le récit de la pêche miraculeuse, dont la symbolique est bien d'amener l'humanité entière au rivage de la vie éternelle, là où le Christ attend et appelle à lui. Marc, lui, nous parle d'emblée de pêcheurs et de la manière dont Jésus se sert de leur métier pour donner sens à ce qu'il projette pour ceux qu'il appelle à le suivre. Une double activité est décrite : les deux premiers pêcheurs sont en mer et jettent le filet. Les autres mettent de l’ordre et réparent les mailles défaites. Dans les deux cas, l'appel se fait irrésistible. Les premiers laissent les filets, les seconds, « leur père et ses ouvriers dans la barque » et, tous, ils se mettent sans aucune hésitation à suivre Jésus. La scène peut surprendre par son caractère abrupt. Le récit de Marc fait référence à celui de l'appel d'Élisée par Elie (Voir 1R 19, 19-21), mais l'hésitation d'Élisée n’a pas d’équivalent ici. Marc veut sans doute signifier qu’il y a, ici, plus qu'Élie.


L'intention de Jésus est claire. Elle est tout orientée vers cette mission à venir dont il est l'initiateur et le guide : « Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes ». Il « suffit de suivre », et le reste adviendra... Une activité nouvelle se présente, et elle demande des disciples qu'ils y consacrent toute leur énergie. Plus besoin de filets, ni du père Zébédée, ni de ses ouvriers. On aura encore seulement besoin de la barque, laquelle dans les prochains épisodes symbolise l'Église.

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