Une prière transfigurante…

L'Evangile du 2e Dimanche de Carême, Année C (Lc 9, 28b-36).



En ce deuxième dimanche de notre cheminement de Carême, nous sommes invités à écouter une parole d’Évangile qui nous invite à la prière. Et pas n’importe comment… Il s’agit d’entrer dans la prière de Jésus lui-même, dans le mystère de son cœur à cœur avec le Père. Cela reste d’abord à contempler et, au cœur de cette contemplation, chacun discernera l’un ou l’autre élément qui sera ressource pour sa vie de prière.


« Pendant qu’il priait, son visage devient tout autre » : la prière transfigure ce que je suis et la manière dont je perçois les personnes et les réalités avec lesquelles je vis. Il n’y a rien de plus beau qu’un visage illuminé de l’intérieur quand il contemple la Présence de Dieu ; cela le transfigure littéralement. On comprend que Pierre souligne à quel point il est bon pour eux de vivre un tel moment ou encore, un peu plus loin dans l’Évangile, lorsqu’un disciple demande à Jésus : « Maître, apprends-nous à prier » (Lc 11, 1).


« Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui ; c’était Moïse et Elie » : la prière se nourrit de l’Écriture. Voilà pourquoi le texte nous parle de Moïse et d’Elie qui symbolisent ensemble cette Écriture, la Loi et les Prophètes. Remarquons que Jésus s’entretenait avec eux : le rapport de la prière à l’Écriture n’est donc pas celui d’une simple lecture mais avant tout celui d’une conversation, d’un cœur à cœur entre la Parole de Dieu qui s’offre à moi et ce que je vis aujourd’hui. En nous laissant guider par l’Esprit qui nous enseigne toutes choses, nous discernerons dans ce cœur à cœur ce qui reste la demande insistante du Père au sujet de son Fils : « Écoutez-le sans cesse ! ».


« En proposant de dresser trois tentes, Pierre ne savait pas ce qu’il disait » : la prière authentique ne consiste jamais à s’installer dans un confort éloigné de tout. Au contraire, comme l’écrit Paul Valadier, il ne peut s’agir de s’évader « dans des spiritualités confortables, mais manipulatrices et creuses, parce qu’elles prétendent contourner les questions par des réponses consolatrices – faussement consolatrices ! – immédiates. » (P. VALADIER, Ce qui nous fait tenir en temps d’incertitude, Mame, 2021).


Diacre Claude Gillard

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