« Et pour vous, qui suis-je ? »

Évangile du 24e dimanche ordinaire, Année B (Mc 8, 27-35)



Jésus engage la conversation sur son identité avec les Douze, ses plus proches. La réponse de Pierre lui permettra de continuer à les enseigner et à révéler non seulement qui il est, lui, mais aussi qui peut être son disciple.


Le dialogue commence par une question générale, « Au dire des gens, qui suis-je ? » Aux yeux de la foule qui a pu l’entendre et le voir agir, Jésus est quelqu’un d’important, peut-être l’un des grands prophètes, mais pas plus. Alors Jésus recentre la question, ‘et pour vous, qui êtes avec moi jour et nuit, qui marchez où je marche, qui recevez des enseignements particuliers, pour vous, qui suis-je ?’ Pierre, le porte-parole du groupe, donne cette profession de foi, « Tu es le Christ ». Tout au long du récit de l’évangile Marc souligne le fait que les disciples sont lents à croire, qu’ils ne comprennent pas, mais ici Pierre reconnait que Jésus est le Messie, celui qui a été annoncé par les prophètes.


Mais dans les Écritures, on trouve plusieurs figures du Messie. Il y a notamment le Messie qui vient dans la gloire, avec puissance, triomphant et victorieux (Is 11 ; Dn 7). C’est un Messie séduisant notamment par les avantages politiques et matériels qu’il offre. Il apporte la libération, le salut au peuple, mais comme de l’extérieur. C’est sans doute à cette figure de Messie que Pierre pense. Alors Jésus continue son enseignement, et il révèle qu’il va incarner cette autre figure de Messie, le serviteur souffrant (Is 53), « c’est par ses blessures que nous sommes guéris » (Is 53, 5).


Un sauveur qui doit aller à la mort, pour Pierre c’est inacceptable, et il commence à faire des reproches à Jésus. Par sa peur de perdre le sauveur qu’il voudrait voir, il donne la voix au tentateur. Mais comme au désert au début de son ministère, Jésus ne tombe pas dans les filets de Satan, mais le renvoie. Et il dit à Pierre, « passe derrière moi », ‘marche à ma suite’. Car c’est bien là la place du disciple, mettre ses pas dans ceux du Christ, renoncer à soi-même et porter sa croix chaque jour. Le salut, le triomphe et la victoire sont bien là, mais ils ne nous tombent pas dessus sans notre participation. Ils adviennent de l’intérieur, dans notre cœur, quand nous acceptons l’humble chemin de la mort à soi et de la vie pour Dieu.

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