Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu ?

L'Evangile du 3e Dimanche de Carême, Année C (Lc 13, 1-9)



Si les vicissitudes de la vie et les catastrophes diverses que nous subissions étaient envoyées par Dieu pour nous punir de nos péchés, il y a belle lurette qu’il n’y aurait plus un seul être humain vivant sur terre ! Et pourtant la croyance est là, tenace : nos malheurs seraient un avertissement, voire un châtiment.


Jésus nous affirme heureusement le contraire dans l’évangile de ce troisième dimanche de Carême. Mais il n’en reste pas là, nous invitant à une conversion en profondeur. La parabole du figuier stérile explicite ce qu’il attend de notre conversion : porter du fruit.


Si l’on y réfléchit bien, le fruit attendu, c’est l’amour que nous portons aux autres. Car, qu’est-ce que le péché, sinon un manque d’amour ? Or Dieu, dans sa miséricorde, nous pardonne ces manques d’amour dont nous sommes coutumiers. Mais, comme le rappelle la parabole du débiteur impitoyable (Mt 18, 23-35), la question est de savoir si nous pourrons nous appuyer sur ce pardon pour changer notre cœur et notre comportement, afin de ne pas nous laisser submerger par nos petits et grands manquements.


Alors, au lieu de nous demander : « qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu ? », demandons-nous plutôt : « qu’est-ce que j’ai fait – ou pas fait – à mon frère, à ma sœur ? »


La conversion à laquelle nous sommes appelés peut nous faire prendre conscience de tout ce qui nous encombre et nous étouffe : lâchetés, rancœurs, médisances, avidité, désirs de domination... Et c’est paradoxalement de ce fumier pas très ragoûtant que peuvent jaillir nos gestes d’amour. En nous enferrant dans ces attitudes, nous nous coupons nous-même de l’amour de Dieu et des autres. Mais en reconnaissant sincèrement nos faiblesses et nos fautes, nous faisons place à l’action de l’Esprit Saint en nous, pour porter du fruit.

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